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Notre étude a pour objectif d’estimer la place du trafic du coton dans l’ensemble du commerce en Méditerranée à la fin du Moyen Age et d’évaluer les effets de ce trafic sur l’économie de l’Occident. Pour cela, notre attention se porte inévitablement vers les grandes puissances maritimes, en tout premier Venise et Gênes, et dans une moindre mesure Barcelone, villes dont la suprématie dans la possession de navires leur permit de monopoliser le commerce du coton à cette époque. L’analyse des documents des archives italiennes et catalanes, ainsi que la lecture des recherches déjà effectuées, nous permet d’apercevoir plusieurs aspects du commerce du coton. Les marchands occidentaux s’approvisionnaient de plus en plus en matière première d’origine syrienne et turque à la fin du Moyen Age, même si la culture était effectuée dans diverses régions bordant la Méditerranée : l’Egypte, la Syrie, Chypre, la Turquie, la Romanie, la Sicile, l’Italie du Sud et l’Afrique du Nord. Cet éloignement des zones de production principales nécessitait une infrastructure de transport, dont l’importance était plus évidente pour le coton, marchandise volumineuse et de moindre valeur, ce qui impliquait des frais de transport élevés, en comparaison avec d’autres produits. Par conséquent, les grandes puissances maritimes, Venise, Gênes et Barcelone, établissaient ou consolidaient leurs positions monopolistiques sur certaines routes, grâce à leurs forces navales absolues. De plus, plusieurs innovations navales permirent d’accroître le trafic du coton. Notamment l’adoption des coques, leur capacité croissante de chargement et la diminution des frais de transport, rendirent possible le transport massif. La fourniture massive en matière première par les marchands de ces grandes villes maritimes provoqua la fabrication massive des tissus cotonniers à bas prix, qui devinrent enfin accessibles aux couches sociales inférieures.

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